Bicentenaire de la naissance de fréderic chopin : 2010 Chopin
Frédéric François Chopin, compositeur est pianiste polonais, est né le 1er mars 1810 à Żelazowa Wola près de Sochaczew, dans une famille d’intelligentsia, soucieuse de bien élever et éduquer ses enfants. Sa mère, Tekla Justyna née Krzyżanowska joua souvent du piano et chanta à la maison. Son père, Nicolas Chopin, un Français polonisé, fut le tuteur des fils du comte Skarbek (propriétaire de Żelazowa Wola), ensuite, établi à Varsovie dès l’automne 1810, il devint enseignant de français au Lycée de Varsovie. Frédéric avait trois sœurs : Ludwika, l’aînée, qui étudia aussi le piano, et deux sœurs cadettes : Izabela et Emilia, morte prématurément. À Varsovie, les Chopin étaient logés au Palais Saski, puis au Palais Kazimierzowski et au Palais Krasińskich.
Fryderyk Chopin commença à étudier le piano à l’âge de six ans sous la direction d’un professeur particulier : Wojciech Żywny. En 1818, il se produisit publiquement pour la première fois à un concert de bienfaisance au Palais Radziwiłłowski. Depuis, il donna de nombreux concerts dans les salons de l’aristocratie varsovienne, notamment chez les Czartoryski, Radziwiłł, Zamoyski et au palais de Belweder, siège du grand duc Constantin. Il continua son éducation musicale sous la direction de Józef Elsner en matière de composition et il prit probablement des cours privés de piano et d’orgue chez Wilhelm Wacław Würfel. En 1823, il commença à fréquenter régulièrement le Lycée de Varsovie (d’emblée en quatrième classe). Pendant l’année scolaire, il remplit aussi la fonction d’organiste du lycée à l’église des Sœurs Visitandines. Il passa les vacances dans les biens de ses amis, à la campagne, où il eut l’occasion de découvrir les coutumes et usages populaires, en particulier la musique : à Szafarnia (1824 et 1825) et à Sanniki (1828). Le fameux « Kuryer Szafarski » (Courrier de Szafarnia) documente sa villégiature de Szafarnia. En été, Chopin voyagea aussi à Duszniki, Toruń, Płock et autres localités de Grande Pologne, Poméranie et Silésie. En 1826, ayant terminé de Lycée de Varsovie, il commença à étudier à l’École Générale de Musique près l’Université de Varsovie. Les trois années d’études sous la direction de Józef Elsner ont donné les premières compositions importantes de Frédéric, parmi lesquelles pour piano avec orchestre : des Variations en si bémol majeur op. 2 sur « La ci darem la mano » à la Fantaisie en la majeur sur des thèmes polonais et le Rondeau à la Krakowiak op. 14. En juillet 1929 roku, Chopin termina l’École Générale de Musique avec la mention la plus élevée, formulée par Elsner : « talent exceptionnel, génie musical ». Le même mois, il entreprit son premier voyage pour Vienne où, à deux reprises, il se produisit comme pianiste i compositeur, remportant un immense succès et accueilli favorablement par les critiques. Sur le chemin de retour, il visita la Bohême et l’Allemagne. De 1829 à 1830, il a composé le Concerto pour piano en fa mineur op. 21, inspiré par le sentiment pour Konstancja Gładkowska et édité quelques années plus tard avec une dédicace pour Delfina Potocka. La première création publique de cette œuvre eut lieu au Théâtre National le 17 mars 1830, précédée de deux répétitions avec une formation de chambre dans le salon des Chopin. Le succès du Concerto encouragea Chopin à composer le suivant : Concerto en mi mineur op. 11, terminé la même année. La première création eut lieu le 11 octobre 1830, encore une fois au Théâtre National : c’était le concert d’adieux de Frédéric qui partait pour l’étranger, à Vienne. Chopin quitta Varsovie le 2 novembre pour ne jamais plus y revenir.
Il gagna la capitale musicale de l’Europe après trois semaines, traversant Kalisz, Breslau, Dresde et Prague. La nouvelle de l’insurrection de novembre le trouva à Vienne, ce qui le bouleversa. Pendant les huit mois qu’il y passa, il se produisit rarement, composa peu, mais c’est pendant cette période que sont nées ses compositions des plus saisissantes, notamment les Nocturnes op. 9 et la Polonaise en mi bémol majeur op. 22, ainsi que les esquisses de l’Étude en ut mineur op. 10, appelée « Révolutionnaire ». En 1831, il partit pour Paris via Linz, Salzbourg, Munich et Stuttgart, où il apprit l’échec de l’insurrection. Il vécut alors un choc psychologique dont témoignent les notes qu’il rédigea dans un journal intime appelé « Journal de Stuttgart ». Il gagna Paris le 11 septembre 1831 et resta là jusqu’à la fin de sa vie.
Chopin eut neuf adresses successives dans la capitale française. Une fois arrivé, il emménagea au cinquième étage de l’immeuble au 27 du Boulevard Poissonnière, ensuite au 4 Cité Bergère, puis il habita rue Chaussée d’Antin, rue Tronchet, square d’Orléans, rue de Chaillot et, à la fin de sa vie, dans un appartement au 12 de la place Vendôme. Les premiers mois parisiens furent pour Chopin une période difficile : sans source établie de revenus, sans relations, il s’efforça péniblement d’organiser un concert. Il ne donna son premier récital public que le 26 février 1832, dans le salon Pleyel où il joua entre autres ses propres compositions : les Concerto en fa mineur et les Variations op. 2.
L’immense succès qu’il remporta changea la situation de Chopin qui devint l’un des artistes les plus prisés de Paris. Il se lia d’amitié avec des personnages illustres : Honoré de Balzac, Vincenzo Bellini, Hector Berlioz, Eugène Delacroix, Auguste Franchomme, Heinrich Heine, Ferdinand Hiller, Ferenc Liszt et Felix Mendelssohn, il était un habitué des salons les plus importants, il noua des relations avec les émigrés polonais, notamment avec Adam Mickiewicz, le prince Adam Czartoryski et Delfina Potocka. En 1833, il adhéra à la Société Littéraire Polonaise qu’il soutint financièrement et collabora avec elle pour organiser diverses manifestations de bienfaisance. En dehors d’innombrables concerts privés, Chopin donna à Paris douze concerts publics. En 1838 et 1841, il joua aussi à la Cour de Louis Philippe aux Tuileries. Professeur privé de piano dès 1832, il eut parmi ses premières élèves notamment la comtesse Pauline Plater, Natalia et Ludmiła Komar, sœurs cadettes de Delfina Potocka, puis aussi la princesse Eliza Peruzzi. Son passe-temps favori étaient les opéras, en particulier le bel canto, au Théâtre-Italien. Des succès privés suivirent ses triomphes artistiques. En 1835, il rencontra ses parents à Karlsbad. Un en plus tard, il demanda la main à Maria Wodzińska qui l’accepta, mais le mariage n’aboutit pas pour des raisons inconnues. Chopin ferma définitivement ce chapitre de sa vie après quelques mois, en écrivant sur le paquet des lettres de Marie ces paroles : « Ma misère ». Jusqu’en 1837, Chopin ne composa pas beaucoup, essentiellement à cause d’une vie mondaine très mouvementée. Mais il put terminer quelques nouvelles compositions, soit l’Étude op. 25 et le Scherzo en si bémol mineur op. 31.
En octobre 1836, il fit la connaissance d’Aurore Dudevent, connue sous le pseudonyme de George Sand. La liaison avec la femme écrivain française, son aînée de 6 ans, fut scellée deux ans plus tard par un voyage commun à Majorque au tournant de 1838 et 1839. D’un part, Chopin était heureux, mais de l’autre, la maladie le ravageait, les symptômes s’étant intensifiés à cause du climat humide de l’île. Il travaillait alors sur ses compositions les plus précieuses : les Préludes op. 28, les Polonaises op. 40, la Ballade en fa majeur op. 38, le Scherzo en ut dièse mineur op. 39 et les Mazurkas op. 41. Il acheva ces œuvres, ainsi que le nouvel Impromptu en fa dièse majeur op. 36 et la Sonate en si bémol mineur op. 35 pendant l’été 1839, lors de son premier séjour à Nohant, propriété de George Sand non loin de La Châtre, où Chopin et Sand arrivèrent de Majorque via Barcelone, Marseille et Gênes.
Pendant six ans, jusqu’en 1846, Chopin partageait son temps entre Paris et Nohant où il passait les mois d’été. Dans la capitale, il donnait des cours, des concerts et participait à la vie artistique, à la campagne, il se reposait, rencontrait ses amis (notamment Eugène Delacroix) et composait. C’est à Nohant que sont nés entre autres : Ballade en la majeur op. 47, Nocturnes op. 48, Fantaisie en fa mineur op. 49, Ballade en fa mineur op. 52, Polonaise en la bémol majeur op. 53, Scherzo en mi majeur op. 54, Nocturnes op. 55, Mazurkas op. 56, Berceuse en ré bémol majeur op. 57, Sonate en si mineur op. 58, Barcarolle en fa dièse majeur op. 60, Polonaise-Fantaisie en la bémol majeur op. 61 et Nocturnes op. 62, de même que le dernier opus de Chopin : Sonate pour violoncelle en sol mineur op. 65. Le compositeur s’occupait aussi davantage de l’édition de ses œuvres avec l’aide de Julian Fontana. Le dernier séjour de Nohant se déroula dans le climat du conflit entre George Sand et ses enfants. Chopin finit par quitter la propriété et le fait qu’il ait pris le parti de Solange dans la querelle entre elle et sa mère ruina définitivement sa liaison avec la romancière. Ils se rencontrèrent par hasard le 4 mars 1848.
Rentré à Paris en novembre 1846, Chopin tâcha d’organiser son existence sans George Sand : il donnait des leçons, fréquentait le prince Czartoryski à l’Hôtel Lambert, voyait ses amis. Mais il composa peu et le 16 février 1848, il apparut publiquement la dernière fois, dans les salons Pleyel. La même année, persuadé par son élève Jane Stirling, il se rendit en Grande Bretagne où il passa sept mois, du 20 avril au 23 novembre. C’était un voyage lucratif : Chopin donna des leçons et des concerts dans les salons de l’aristocratie et des salles publiques. Mais ce voyage fut néfaste pour sa santé et sa maladie s’aggrava. Le dernier concert de Chopin eut lieu le 16 novembre 1848 au Guildhall de Londres pour le bénéfice des émigrés polonais. De retour à Paris, il entreprit un traitement intense sous la direction d’éminents médecins. Même affaibli, il essaya d’écrire, mais arrêta ses leçons et ne vit ses amis que rarement. En été 1849, sa sœur Ludwika vint le soigner. Frédéric Chopin mourut le 17 octobre 1849 à deux heures du matin. Sa messe d’obsèques fut célébrée le 30 octobre 1849 à l’église de la Madeleine. Pendant la messe furent joués les Préludes en mi mineur et en si bémol mineur et, conformément au souhait du compositeur, le Requiem de Mozart. Au cimetière du Père-Lachaise, où il fut enseveli, résonna la Marche funèbre de la Sonate en si bémol mineur. Le cœur de Chopin a été apporté début janvier 1850 à Varsovie par sa sœur Ludwika. Il se trouve actuellement à l’église de la Sainte-Croix.
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